
Médicaments de rue : une menace permanente
L’OMS révèle que 122 000 enfants africains de 0 à 5 ans sont morts, suite à la consommation d’antipaludéens contrefaits. En Afrique, le tiers des médicaments contre le paludisme, (maladie la plus mortelle du continent) est constitué de faux. Cette proportion peut monter à 40% au Cameroun, car parmi les médicaments contrefaits les plus vendus y figurent les antipaludiques, les anti-inflammatoires, les analgésiques, les antibiotiques et les vitamines.
Malgré cette situation, les « docta » bénéficient de la légitimité populaire, car ils proposent des couts abordables par rapport aux officines. Une étude menée en 2011 au Cameroun, afin d’identifier les questions de recherche prioritaire en matière d’accès et d’usage de médicaments, a relevé 23 barrières à l’accès aux médicaments. Les études révèlent que 84% ont estimé que le prix des médicaments est trop élevé et 64% avait déjà eu à interrompre un traitement faute d’argent, au moins une fois sur quatre.

Un plaidoyer pour l’accès abordable du médicament
La déclaration du ministre de la santé est appréciable, mais la proposition d’une alternative aux vendeurs illégaux serait louable. Grace à cette profession illicite, plusieurs citoyens parviennent à subvenir aux besoins de leurs familles. La mise en place d’une politique de formation des vendeurs de médicaments, comme c’est le cas dans d’autres pays africains pourrait pallier à la situation.
L’antenne Cameroun d’AEFJN milite pour la promotion des médicaments de qualité, à un prix juste et abordable. Le réseau suggère la baisse des prix des médicaments, l’amélioration des conditions socioéconomiques, l’amélioration des circuits d’approvisionnements et la lutte contre le développement de marché parallèle. En outre, des mesures visant à intégrer l’amélioration du système d’informations, la mise en place d’un système d’assurance maladie et l’encouragement d’une production locale seront salutaires./.