Lutte contre les médicaments de la rue : le signal fort du Ministre de la santé du Cameroun
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15 Janvier 2020 Auteur 

Vendeurs de médicaments dans un marché de la classe
 
Le  Dr Manaouda Malachie à travers un communiqué rendu public, a décidé de mettre fin aux circuits d’approvisionnements illicites sur le triangle national. Une guerre qui s’annonce coriace contre les pharmacies de la rue…

La loi n°90/035 du 10 aout 1990 portant exercice et organisation de la profession de pharmacien, stipule en son article 53 que « tout délit, étalage ou distribution des médicaments est interdit sur la voie publique, dans les foires et les marchés à toute personne, même titulaire du diplôme de pharmacien ». Les descentes du ministre dans les coins de vente (marché central, marché mokolo) de la ville de Yaoundé, avaient pour objectif de sensibiliser les acteurs de ce commerce illicite, sur les dangers auxquels ils exposent le consommateur. Cependant, l’annonce n’émeut personne et les concernés ne sont pas inquiétés sur la mise en place d’une brigade.

Médicaments de rue : une menace permanente

L’OMS révèle que 122 000 enfants africains de 0 à 5 ans sont morts, suite à la consommation d’antipaludéens contrefaits. En Afrique, le tiers des médicaments contre le paludisme, (maladie la plus mortelle du continent) est constitué de faux. Cette proportion peut monter à 40% au Cameroun, car parmi les médicaments contrefaits les plus vendus y figurent les antipaludiques, les anti-inflammatoires, les analgésiques, les antibiotiques et les vitamines.


Malgré cette situation, les « docta » bénéficient de la légitimité populaire, car ils proposent des couts abordables par rapport aux officines. Une étude menée en 2011 au Cameroun, afin d’identifier les questions de recherche prioritaire en matière d’accès et d’usage de médicaments, a relevé 23 barrières à l’accès aux médicaments. Les études révèlent que 84% ont estimé que le prix des médicaments est trop élevé et 64% avait déjà eu à interrompre un traitement faute d’argent, au moins une fois sur quatre.

Un  plaidoyer pour l’accès abordable  du médicament

La déclaration du ministre de la santé est appréciable, mais la proposition d’une alternative aux vendeurs illégaux serait louable. Grace à cette profession illicite, plusieurs citoyens parviennent à subvenir aux besoins de leurs familles. La mise en place d’une politique de formation des vendeurs de médicaments, comme c’est le cas dans d’autres pays africains pourrait pallier à la situation.
L’antenne Cameroun d’AEFJN milite pour la promotion des médicaments de qualité, à un prix juste et abordable. Le réseau suggère la baisse des prix des médicaments, l’amélioration des conditions socioéconomiques, l’amélioration des circuits d’approvisionnements et la lutte contre le développement de marché parallèle. En outre,  des mesures visant à intégrer l’amélioration du système d’informations, la mise en place d’un système d’assurance maladie et l’encouragement d’une production locale seront salutaires./.

 

 

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