Entretien avec le Coordonnateur des programmes du Centre « EDIMAR princesse Grace »
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25 Août 2021 Auteur 

Enfants de la rue en cours au centre EDIMAR (Yaoundé)

La consommation de whisky en sachet est presque devenue tendance auprès des jeunes. Beaucoup confère à ce liquide de 05 cl des vertus énergisantes alors qu’il est la cause principale de conflits familiaux et de traumatisme. Jules Patrick BIDONG TSADE nous livre les actions menées au sein de ce centre, spécialisé dans la prise en charge et le suivi des enfants  de la rue.

Quel est le profil des jeunes que vous encadrez (âge, situation familiale, situation sociale…)?
Nous accueillons près de 100 jeunes par jour qui ne sont pas tous drogués mais dont la majeure partie a déjà flirté avec une substance psychoactive. Les jeunes que nous encadrons sont pour la plupart des personnes en rupture avec le lien familial et en situation précaire. Ils sont des réfugiés, des orphelins, des déplacés internes. Bien que l’âge maximal prévu par les textes de l’association soit de 25 ans, nous accueillons des personnes au-delà de la trentaine.

« Un jeune addict ne sert à rien dans la société »

Quels sont les effets et les cas de maladies provoquées par le whisky en sachet, que vous avez déjà rencontré auprès des jeunes ?
Tout d’abord, une dépendance très forte avec une consommation minimum de 10 sachets par jour. Elle a une influence directe sur la santé et cause des maladies pulmonaires. Les voies respiratoires sont grandement affectées car le whisky en sachet s’accompagne généralement de cigarettes. En outre, l’estomac est exposé aux ulcères car la consommation se fait généralement aux premières heures de la journée et à jeûne.

Quelles sont les mesures mises en œuvre au sein de votre organisation pour un meilleur encadrement de ces jeunes?
Nous avons mis en œuvre des programmes réparties comme suit : Le programme d’accueil, écoute et orientation ; Le programme d’éducation et de sensibilisation; Le programme de descente dans les rues ; le programme de suivi en prison ; Le programme de réinsertion, formation et micro projet. A côté de cela, nous offrons des formations qualifiantes aux jeunes et militons pour qu’ils s’installent « idéalement » très loin de leur environnement, pour exercer pleinement son activité. Nous avons des jeunes qui font des formations en mécanique, pâtisserie, menuiserie ; agriculture, pisciculture, de courte durée de préférence. Notons également que la condition fondamentale pour pouvoir bénéficier de cette formation est d’avoir reçu au préalable une éducation. Cette éducation passe par une réinsertion au sein de la famille.

Avez-vous eu des jeunes qui ont arrêté la consommation du whisky en sachet ?
Oui. L’arrêt se fait lorsqu’ils entrent dans un moment de conscience et trouvent une oreille attentive. C’est un processus difficile surtout lorsque la dépendance est déjà très forte. Cependant, le centre n’a pas suffisamment des moyens pour suivre certains cas qui nécessitent de la désintoxication, car il s’agit d’un processus long et très couteux.

« Ces entreprises doivent se convertir dans la fabrication de boissons naturelles »

Quelles stratégies pourriez-vous proposer, afin de tordre le cou à ce poison ambulant au Cameroun ?
L’application de la loi est plus qu’une urgence, car il y va de la santé publique. A défaut d’une fermeture totale des entreprises, elles peuvent opter pour un changement de produits. Au lieu de faire de la production des whiskies, elles peuvent se convertir dans la transformation des boissons naturelles. Cette conversion inclut une réadaptation qui sera certainement lourde./.

 

 

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