Les Soeurs de Nicolas BARRÉ transforment le projet de vie des filles à Gaschiga
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12 Septembre 2024 Auteur 

Une apprenante en situation pratique de couture

Longtemps considéré comme un passe-temps pour les jeunes filles, le Centre de formation professionnelle des jeunes filles et garçons (CEFPJ) de Gaschiga, situé dans la région du Nord Cameroun, département de la Bénoué est passé d’une école où « on attend un mari », à un véritable centre d’apprentissage d’un métier.

Deux ans: C’est le temps qu’aura fallu au CEFPJ de Gaschiga dans la région du Nord Cameroun de passer d’une simple école d’apprentissage, à une institution agrée par le ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle (Minefop). Un exploit de la congrégation des Sœurs de l’enfant Jésus de Nicolas Barré, membre du pôle d’observation Foi et Justice de Garoua dont la direction leur a été confiée par l’Archevêque de Garoua, en septembre 2022. Leurs missions étaient principalement axées sur la valorisation de la jeune fille, la promotion de l’auto-emploi et le changement de mentalité vis-à-vis des filles.

Déconstruire les préjugés sur la scolarisation des filles
Selon la directrice du Centre, Sœur Françoise Ndjayo, ce changement a commencé par un lavage de cerveau d’une manière positive. Ensuite comme la plupart des jeunes filles ne savaient pas lire, elle a instauré des cours d’alphabétisation et de Savoir vivre pour faire comprendre aux jeunes filles que la vie ne se résume pas au mariage. Depuis sa création, ce centre de formation était surnommé par les populations « j’attends mon mari ». Ces dernières ne voyaient aucune utilité d’envoyer leurs enfants dans ce centre. Elles ont fini par construire une idée selon laquelle, tous les parents qui inscrivaient leurs enfants dans cette école étaient là non pas pour une formation professionnelle mais pour attendre un mari. Des préjugés qu’il fallait déconstruire tant au niveau des apprenants qu’au niveau des parents. Une mission entamée par la Directrice du centre Sr Françoise Ndjayo dès sa prise de fonction.

Plaidoyer pour la formation socioprofessionnelle
Malgré les efforts de sensibilisation et les causeries éducatives durant toute l’année scolaire, plusieurs parents sont encore réticents. Certains estiment que la somme de 45 000FCFA de frais de pension est trop élevée. Durant l’année scolaire 2023-2024 le centre a enregistré un effectif de 14 élèves compris entre 12 et 17 ans. Un chiffre très bas vu la taille et les moyens investis par l’administration pour redynamiser le Centre. Car au-delà des formations pratiques en agriculture, couture et élevage, les apprenants reçoivent également des cours de français, d’anglais, d’histoire et d’éducation à la vie et à l’amour. Une batterie de connaissance qu’il faut maitriser durant trois ans pour mériter son diplôme. Un challenge qu’Irène Melm, apprenante en deuxième année se dit prête à affronter :« le vêtement que j’ai porté ce matin pour l’église, c’est moi-même qui l’ai cousu. C’est pourquoi j’encourage les jeunes filles à nous rejoindre ». Comme Irène, plusieurs jeunes ont été convaincus par la nouvelle vision du Centre de formation. Dès cette prochaine rentrée académique, le Centre de formation professionnelle des jeunes filles et garçons de Gaschiga enregistrera ses tous premiers diplômés./.

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