
Photos de famille avec quelques jeunes durant le salon sur l'environnement
Le salon sur l’environnement tenu à la Conférence Nationale des Supérieurs Majeurs du Cameroun en juin dernier, était l’occasion pour les jeunes de présenter leurs recommandations pour la sauvegarde de l’environnement, en présence des autorités administratives, éducatives et ecclésiales.
L’objectif de cette grand-messe sur l’environnement est de promouvoir le développement d’une culture écologique en milieu jeune. Organisée sous le thème « participation citoyenne à la gestion de l’environnement en milieu jeune », c’était le lieu pour les différents acteurs de présenter les réalisations en matière de recyclage des déchets et de partager leurs expériences pour une implication holistique.
La jeunesse : maillon fort de l’écologie intégrale.
Il est crucial que la jeunesse camerounaise ait son mot à dire dans les politiques environnementales, qui ont un impact direct sur leur environnement actuel et futur. L’écologie intégrale intègre non seulement la dimension environnementale mais aussi la dimension humaine. En effet, elle tient aussi compte de notre corps, car on ne saurait prendre soin de la nature, si on ne prend pas d’abord soin de nous-même. « Nous ne devons pas garnir notre corps d’artifices (implants fessiers ou mammaires, décapage communément appelé Ndjansan, etc) sous l’influence de la publicité. Le corps n’est plus considéré comme le temple du St Esprit et cela constitue également une destruction de l’écologie humaine » souligne Sr Ovah Madeleine, enseignante à l’université catholique d’Afrique Centrale. En outre, l’adoption d’un mode de vie écolo, passe également par l’adoption des comportements responsables et citoyens, qui respectent les lois en vigueur. « La pratique de certaines déviances sexuelles (exhibition sur les réseaux sociaux, sextape, avortements, homosexualité etc) sont aussi considérées comme des gestes anti écolos, car elles vont à l’encontre des règles de la nature et des lois établies par Dieu » précise-t-elle.



Exposition de quelques produits recyclés durant la foire-exposition
Des emplois et un développement durable grâce à l’écologie intégrale
« Aujourd’hui, nous devons procéder à un changement de paradigme. Nous invitons la jeunesse à faire des recherches, à se concentrer sur l’essentiel et à œuvrer pour l’économie durable grâce aux opportunités du recyclage » souligne Thomas Tjaback, Directeur du centre Likalo. Cet évènement était aussi l’occasion de mettre en vitrine les produits des acteurs du recyclage à travers une foire exposition. Parmi les produits exposés, nous avons :
- Les balais, les paillassons ; le gasoil écolo ; les pots de fleurs, les lanternes à base de raphia et de déchets de maïs, du carburant écolo fabriqués par le centre Likalo;
- Les sapins écolos, trousses, briques de terres à bases de bouteilles plastiques présentés par l’association Think Green ;
- Des accessoires de mode à base de bouteilles (chaines, bracelets, chapeaux etc) présentés par l’entreprise Afrostyle ;
- Des pavés écolos, du Biogaz présentés par l’association Sanitation Safety;
- Du charbon écolo, des sacs écologiques, des pavés écologiques présentés par ENVIES Sarl;
- Du compost, des engrais liquides, des sacs papiers recyclés, des bio fertilisant, du charbon écologique, des objets avec des chutes de pagnes, exposés par le RAPEE (Rencontre des Acteurs pour la Promotion de l’Education à l’Environnement).
Plaidoyer pour une génération responsable et écolo !
«Les jeunes sont les premiers acteurs du changement dans un pays. Plus important encore, c’est de notre responsabilité et de notre droit d'agir dès maintenant par nos actions »,affirme Cynthia Djeudi, Ingénieure en aménagement et conception de ressources naturelles, paroissienne à Jésus le bon pasteur d’Oyom-Abang. Face aux défis socio-environnementaux, les jeunes veulent faire partie de la solution. Par la voix et les actions du réseau Foi & Justice, ils recommandent:
1.D'éveiller les sentiments de protection et de conservation des ressources naturelles auprès des jeunes dans les établissements scolaires, primaires, secondaires, universitaires et paroissiaux, afin qu’ils deviennent des nouveaux défenseurs de la mère terre ;
2. De Consolider les modules d’enseignement sur la protection de l’environnement qui prennent en compte la création/redynamisation des « clubs environnement », l’instauration des activités sur le tri écologique, les ateliers de recyclage et de sensibilisation dans les établissements scolaires;
3. De soutenir de façon multiforme les activités des acteurs dans le renforcement de la dimension environnementale au niveau du système éducatif national, pour le développement d'une culture environnementale citoyenne et responsable;
4. D'instaurer une année pastorale sur la protection et la sauvegarde de l’environnement dans les diocèses du Cameroun, avec pour fondement la spiritualité de la création et les principes de l’Encyclique Laudato Si. En effet, le fait de dédier une année pastorale aux problématiques sociales et plus intimement aux questions environnementales, est une manière de « protéger le monde qui nous entoure et nous contient, mais surtout de prendre soin de nous-mêmes » (Fraterli Tutti, 03/10/2020, n° 17). Et de cette manière, nous répondrons à notre vocation première, qui est de « cultiver la terre et de la protéger ».
Ils ont signifié leurs engagements en apposant leurs signatures sur la pétition formulée à ce propos. Un acte fort qui s'inscrit en droite ligne dans la continuité des activités de sensibilisation pour une meilleure sauvegarde et restauration de l'environnement./.