Poli : le cri des déplacés internes
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14 Avril 2021 Auteur 
Elèves en classe de CE2 (Ecole publique de Pikba)
 

Plus de 12 années déjà que le quotidien de ces citoyens camerounais, est quasi inimaginable. Partis involontairement de la région de l’Extrême Nord à cause de la crise Boko Haram, ils survivent grâce aux actions de la communauté religieuse.

Lundi après midi, le soleil irradie ces rayons dans la cour du village Pikba. De la paille servant de toiture, des branches d’arbres jonchées de gauche à droite, à l’intérieur des écoliers assis sur du bois. On se croirait dans un autre pays ; Mais le piquet planté dans la cour sur lequel est hissé le drapeau vert, rouge & jaune, nous indique que nous sommes bel et bien dans le Nord du Cameroun.
D’un visage pale, affecté par la famine et des pieds huilés de poussière, ils sont venus recevoir le savoir. Sans livres et cahiers pour la plupart, ils s’attèlent à suivre le cours de mathématique dispensé par l’institutrice.

Puits asséché dans le camp des déplacés internes à Poli

Une misère insoutenable

Ici, l’eau est une denrée rare. Les habitants parcourent chaque jour des kilomètres pour avoir accès à de l’eau . Une eau très loin d’être potable, mais ils n’ont vraiment pas le choix. Grâce au chef du village et à l’hospitalité des communautés d’accueil, ils ont réussi à obtenir un abri et des parcelles de terres cultivables. Mil rouge, mais et arachides sont les principales céréales cultivées.
Fortement marquée par un taux de natalité très élevé, la localité ne dispose pas d’un centre de santé à proximité. les femmes y éprouvent d’énormes difficultés lors de l’accouchement. Afila explique « c’est vraiment difficile, il n’y a pas de centre de santé à proximité et parfois nous n’avons même pas les médicaments ». Les frais de scolarité annuels s’élèvent à 6000 FCFA. Malheureusement faute d’acte de naissance, le parcours scolaire de ces élèves s’arrête au CM2. Ndarana mère de 08 enfants confie que seuls 03 de ses enfants possèdent un acte de naissance.

Salle de classe de l'école publique de Pikba

Un plaidoyer pour des conditions plus humaines

L’accès aux services sociaux de base demeure une priorité pour chaque citoyen. En effet, du fait de leur situation précaire, les enfants des personnes déplacées doivent « être traitées avec humanité, sans aucune discrimination, car ils sont aussi des citoyens camerounais ». Ils sont des personnes vulnérables, qui ont besoin d’une assistance spécifique des autorités et de la communauté.
En collaboration avec certaines personnes consacrées, le correspondant Fr Ernest Mbemba, Omi (Oblats de Marie Immaculée) a construit des puits d’eau et des classes en matériau provisoire. Une initiative qui appelle en effet à l’implication de tous les religieux. Une implication qui passe notamment par la mobilisation des correspondants et observateurs, pour la réussite du plan stratégique du réseau F&J pour l’année 2021-2022. Un plan réalisable grâce à la combinaison d’actions en synergies (au niveau local et international), afin de relever le défis de l’édification d’une société plus juste./.

 

 

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