
P.Paulin essayant réconforter une famille dont le père vient d'être assassiné par Boko-Haram
La région de l'Extrême-Nord est l’une des plus peuplée du Cameroun avec 3 803 138 d’habitants et une densité de 111 habitants au Kilomètre carré (2013,Institut National de la Statistique) et aussi la plus pauvre du pays sur le plan socioéconomique. Depuis quelques années, elle est en proie aux violences et crises sécuritaires. Ces crises ont dégradé de plus en plus le tissu socio-économique des populations, en les dépouillant de tout être et de tout avoir.
Les femmes, les enfants, les élèves et les vieillards sont les catégories de personnes les plus touchées par la crise sécuritaire. Les femmes sont très exposées en ce sens qu’elles parcourent tous les jours les montagnes, avec les enfants cherchant le bois, l’eau, de quoi manger et parfois là où dormir. En effet, elles sont frappées par l’insécurité alimentaire, ne sachant pas ou se procurer de quoi manger en qualité et en quantité, elles sont exposées et mêmes victimes de toutes formes de violences basées sur le genre. Les jeunes sont vulnérables dans la mesure où leur avenir est hypothétique voir incertain au regard des perpétuels mouvements qu’ils font à la recherche de condition de vie meilleures. Pour la plupart leur cursus scolaire est perturbé à cause des écoles incendiées ou fermées du fait de la crise dans leurs villages natales et de l’incapacité financière de leurs parents à les faire scolariser dans d’autres établissements. Les vieillards sont une catégorie exposée car ils sont stressés et traumatisés à cause de la situation calamiteuse. Ces personnes du troisième âge meurent, ne pouvant pas supporter le poids de l’insécurité. Il leur manque de force et deviennent facilement, les proies des terroristes lors des attaques nocturnes.
Une vulnérabilité qui frôle l’infernal au quotidien
Les populations déplacées vivent dans des conditions difficiles et inhumaines. Ils sont dans la promiscuité et vivent dans la mendicité par manque de terrain cultivable et des activités génératrices de revenus. Cette crise entraine entre autre le départ massif (Exode) des populations de leurs milieux notamment : de Garoua, de Mokolo, Minao, Toubouro… ; beaucoup de villages n’existent que de nom, les habitants sont partis laissant derrière eux champs, des infrastructures sociales (écoles ; dispensaires, Eglises…). A cela s’ajoute la hausse du taux de la pauvreté, car l’économie domestique autrefois basée sur l’agriculture, l’élevage, le tourisme et le petit commerce est complètement détruite. Les champs cultivables et les pâturages, les routes de trafic et les infrastructures sociales sont inaccessibles et deviennent des fiefs des adaptes de la secte islamique Boko Haram. En effet, les soldats de BH commettent des actes effroyables à l’endroit des habitants : ils récoltent ce qu’ils n’ont pas semé, ils kidnappent des cultivateurs, des éleveurs ainsi que leurs troupeaux ; ils coupent la route aux passants ; ils commettent des homicides et détruisent via des incendies les infrastructures sociales en l’occurrence des écoles.
Votre geste compte dans ce plaidoyer
Au regard de cette situation de zone rouge que nous vivons depuis 7 ans, il est urgent de trouver une solution surtout curative a toutes ces couches vulnérables. Les filles de Saint Esprit de la communauté de Koza souhaiteraient aider les femmes à s’autonomiser grâce à la mise sur pied des activités génératrices de revenu au sein de 6 villages de l’arrondissement de Mayo Moskota. Nous formulons à l’endroit des autorités administratives un plaidoyer pour l’accompagnement des personnes vulnérables et pour l’autonomisation des femmes./.