Mouvement d’humeur à la PHP: Les droits des travailleurs ne sont pas aliénables !
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13 Janvier 2020 Auteur 
 
Gardiens de la société des Plantations du Haut-Penja dans le Moungo ( Crédit photo: Agence Cameroun Presse)
 
La Société des Plantations du Haut Pendja (PHP) au Cameroun, filiale de la Compagnie Fruitière de Marseille gère presque 3 932 ha de terres pour la production de la banane destinée au marché européen. Une production intensive qui soulève régulièrement l’indignation des organisations de défense des droits humains tant l’impact de cette activité sur l’environnement, la vie des ouvriers et des riverains est préoccupant...
 
Après avoir enregistré un déficit de 5 milliards de FCFA sur son chiffre d’affaire entre 2016 et 2017, la PHP a indiqué vouloir accroitre sa production de 120 tonnes par an dans les localités de Dihane et Bonguem (département de la Sanaga maritime) et créer environ 6600 emplois pour atteindre une production de 230 000 tonnes d’ici 2020.
On était en droit de s’interroger sur la qualité de ces 6 600 emplois, jugés précaires et même fictifs par certains, quand on connaît la condition sociale des employés de la PHP. En effet, ce mois de novembre 2019 était particulièrement mouvementé à Njombé-Penja où le personnel de la PHP a violemment protesté contre les conditions de travail et le licenciement programmé des gardiens suite à la décision de la direction de confier son service de gardiennage de la PHP à une société privée.

En sous-traitant ce service, la PHP se dégagerait alors de toute responsabilité quant aux conditions de sécurité au travail, au niveau des salaires, à l’obligation de définir une perspective de développement personnel et d’assurer une protection sociale pour les gardiens et leur famille. C’est pour protester contre cette décision que les employés sont descendus dans les rues de Njombé-Penja les 19 et 20 novembre 2019. L’affrontement avec les forces de l'ordre avait alors fait 01 mort.
 
''La décision de sous-traiter le service de gardiennage de la PHP aurait-elle quelque chose à voir avec la Loi sur le « Devoir de vigilance » votée par la France le 27 mars 2017 sous l’impulsion du député socialiste français Dominique Poitier'' ?

En effet, contre l’avis du gouvernement, et, entre autres, avec l’aide de la CFDT(Confédération française démocratique du travail), il a fait voter cette loi sur le « Devoir de vigilance » qui impose aux 200 plus grandes entreprises françaises qui font l’essentiel du commerce international d’établir un plan de vigilance. Selon cette loi, elles sont comptables des conditions de travail des salariés et du respect des normes dans toutes leurs filiales. Si elles ne produisent pas ce plan, elles sont passibles de sanctions ; pire, si un accident se produit, les pénalités augmentent, il y a moins d'assurance.

Malgré le fait que cette loi n’impose pas une réglementation de l’extérieur de la France, elle fait cependant appel à la responsabilité et à la conscience du juge et celle de l'entreprise. Elle est un outil pour les OSC de défense des droits humains face aux entreprises multinationales. Elle intéresse de nombreux pays dont le Cameroun. Dominique Poitier se montre déterminé à faire étendre la loi sur l’ensemble de l’espace UE. Si le « Devoir de vigilance » concerne la Compagnie fruitière en France, de laquelle dépend la PHP au Cameroun, il est probable qu'elle recherche par cette décision à la contourner, au lieu d'améliorer les conditions de travail des salariés./.
 
 

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