Litiges fonciers au Cameroun: Au bord de l’implosion sociale!
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14 Août 2020 Auteur 
 
 
En sillonnant les villes et quartiers , il est courant de lire « Maison familiale — Pas à vendre : malheur à l’acheteur! », « terrain titré— Pas à vendre! », « Terrain litigieux, pas à vendre : évitez de vous faire arnaquer! », etc. Des avertissements dont la multiplication révèle non seulement que la spéculation foncière a atteint son paroxysme, mais aussi de la tension palpable qui règne dans les communautés ; à tel point que le nombre de procès devant les tribunaux a explosé et la fracture sociale presque consommée.…
 

 La démographie galopante, la pauvreté ambiante, ainsi que la crise des valeurs sociétales et familiales poussent beaucoup de personnes à se lancer dans des manœuvres frauduleuses et autres abus fonciers. De la double (voire triple) immatriculation, en passant par les ventes illicites, les occupations anarchiques de terrains et les expropriations forcées, tous les coups sont permis. Ceci n’étant pas sans conséquence sur la cohésion sociale qui se trouve de plus en plus compromise.

Le foncier en voie de devenir la principale source de différends entre les communautés
La voracité qu’ont certains à vouloir s’accaparer des terres qui ne leur appartiennent pas est entrain de mettre à mal le « vivre ensemble » au Cameroun. Le foncier est devenu au fil des années la pomme de discorde par excellence. 60% des litiges pendants devant les juridictions sont des litiges fonciers affirme un Avocat au barreau du Cameroun. Les familles, les communautés, les multinationales, et même l’administration publique sont pris dans cette spirale de litiges à tel point qu’on assiste quasi quotidiennement à des troubles sociaux sur fond de revendication populaire.


le recours à la violence pour faire face à un système judiciaire inefficace
Il n’est pas rare de voir des populations molester des individus soupçonnés d’usurpation de propriété foncière. Des employés des sociétés exploitant les terres en passant par les allogènes dont « l’abus d’hospitalité » n’a pas plu aux autochtones de qui ils avaient obtenus des espaces pour pouvoir s’installer, personne n’est épargné! Les décentes des équipes communales ou du MINDCAF et même les décisions de justice ne constituent plus de garanties fiables pour les populations qui préfèrent user de la violence physique pour se faire justice.


Le difficile travail des autorités administratives pour faire baisser les tensions
Face à la multiplication exponentielle des litiges fonciers, le MINDCAF a dû suspendre l’établissement de titres fonciers dans quelques zones du pays (à Yabassi et Edéa par exemple) et aussi procédé à des rétrocessions de certaines parcelles aux communautés. Mais ces mesures seront-elles suffisantes pour rétablir la paix et la justice sociale?

 

 

 

 

 

 *Cet article est rédigé dans le cadre du projet de sauvegarde des droits fonciers des populations riveraines de la vallée du Ntem, financé par l'Union Européenne. Son contenu relève de la seule responsabilité de l'association Foi & Justice et ne reflète pas nécessairement les opinions de l'Union Européenne.
 

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