
Engagée depuis 2015 aux côtés des riverains d’un projet d’agropole porté par une entreprise connue sous le nom de Plantes et Aquaculture du Cameroun (PAC), l’Association Foi et Justice s’est attelée pendant la journée du 23 mai 2020 à outiller une douzaine de leaders de communauté sur les questions foncières. L’élite (sous couvert de PAC), connaît cette faiblesse et en profite pour s’accaparer des terres, usant de leur position sociale élevée et de leur influence. Il était donc question pour Foi et justice de faire comprendre aux leaders de communauté que leurs terres sont une richesse incommensurable qui ne doit pas être cédée aussi facilement ; car l’exploitation de celle-ci par des personnes autres qu’eux même ne servira jamais leurs intérêts. Bien au contraire, ils resteront, eux et les générations à venir, sans ressources durables, réduits en esclavage par ces « Fils du village » à qui ils avaient jadis concédé les terres pour des raisons parfois nobles.
Limiter les abus par la connaissance des textes de loi et procédures
En milieu rural, la loi majoritairement applicable est celle coutumière. Bien que permettant de régler les différends de manière non contentieuse et dans le respect de la tradition des ancêtres, elle est , contrairement à la croyance générale, soumise aux lois de la république. Il n’est donc par surprenant que la grande majorité des terres à Ambam soient gérées de manière coutumière. Plus de 95% des propriétaires fonciers dans cette zone ne possèdent pas de titre foncier. Les leaders de communauté étaient par ailleurs étonnés de savoir pendant l’atelier qu’ils ne disposent qu’un « droit d’usage» sur les terres dont ils se disent propriétaires.

Sortir de la crainte et prendre conscience de son rôle
Si les accaparements de terres et autres abus font leur nid c’est parce que les leaders de communauté dont les chefs traditionnels, ne connaissent pas le rôle central qui est le leur dans les procédures d’immatriculation et de cession des terres. S’ils ne sont pas impliqués en tant que de simples faire-valoir, ils sont purement et simplement ignorés par les autorités administratives en charge du foncier. Les décisions leur sont imposées sans qu’ils ne puissent faire prévaloir leurs droits et ceux de leurs sujets. L'association Foi et Justice à travers cet atelier de formation a voulu montrer aux yeux de ces derniers de le rôle de « gardien des terres » qu’il doivent jouer.
Une activité pleine de promesse et d’espoir de changement
Les participants ont été enchantés par l’initiative de Foi et justice et ont souhaité de tous leurs vœux que celle-ci se multiplie pour un plus grand nombre. Ils se sont aussi engagés à utiliser les connaissances acquises pour davantage sécuriser leurs espaces contre les accaparements de terres./.