Début 2014, des déplacés de guerre venus de l’Extrême Nord du Cameroun victimes des exactions de Boko Haram, se sont installés à Pikba, arrondissement de Poli, région du Nord Cameroun. Alerter sur cette présence qui venait aggraver la précarité dans une région déjà vulnérable, le P. Georges Zyihoubé, omi, alors curé de Poli et M. Vandi Faché, Cordinateur adjoint de Foi et Justice, ont initié un plaidoyer en faveur de ses victimes de la guerre contre Boko Haram. Aujourd’hui, Pikba compte environ 1500 habitants dont les déplacés représentent à eux seuls plus de la moitié.
C’est donc cette communauté de réfugiés que je visite et suis régulièrement. Au cours de nos rencontres, plusieurs difficultés ont été relevées : l’absence d’école, le manque d’eau, de terre cultivables et d’acte de naissances. Aujourd’hui une école primaire officiellement reconnue existe à Pikba. Elle compte plus de 500 élèves dont le nombre va croissant. Les résultats ont été satisfaisants avec 67 % pour le CEP (Certificat Elémentaire Primaire) et 80 % pour l’entrée en 6eme. Mais ces infrastructures restent rudimentaires.
Trois puits ont été creusés pour fournir de l’eau potable à tout le village. Merci pour aux Oblats de Maries, à l’Association ASMG et aux amis qui y ont contribué.
Les déplacés sont confrontés à une autre difficulté : 95 % des enfants et beaucoup d’adultes ne possèdent pas d’actes de naissance. Ce qui pose un véritable problème pour leur avenir. Sans ces documents, les enfants ne peuvent faire aucun concours, ni établir la carte nationale d’identité. Nous avons entrepris des démarches qui sont en cours.
Frère Ernest Grégoire MBEMBA, omi
Animateur du pôle Foi et Justice de Garoua