Activité de collecte de bouteilles plastiques par l'ONG Think Green dans la ville de Yaoundé
La protection de la nature, la préservation des espèces animales et végétales et de leurs habitats, le maintien des équilibres biologiques et des écosystèmes, et la conservation de la diversité biologique et génétique contre toutes les causes de dégradation et les menaces d'extinction sont d'intérêt commun. Il est du devoir des pouvoirs publics et de chaque citoyen, de veiller à la sauvegarde du patrimoine naturel.
Une responsabilité partagée
En matière de préservation de l’environnement, les responsabilités sont partagées. En effet, cela n’incombe pas seulement à l’Etat et aux entreprises de gestion des déchets, mais à chaque citoyen. Ce devoir citoyen est d’ailleurs mentionné dans le principe de responsabilité, qui stipule que « toute personne qui, par son action, crée des conditions de nature à porter atteinte à la santé de l’homme et à l’environnement, est tenue d’en assurer ou d’en faire assurer l’élimination dans des conditions propres à éviter lesdits effets».
Le citoyen a le devoir de prendre en compte le principe de participation énoncé dans la loi de 1996 portant sur la gestion de l’environnement. Celui-ci stipule que : « Chaque citoyen doit avoir accès aux informations relatives à l’environnement, y compris celles relatives aux substances et activités dangereuses ; Chaque citoyen a le devoir de veiller à la sauvegarde de l’environnement et de contribuer à la protection de celui-ci ; Les personnes publiques et privées doivent, dans toutes leurs activités, se conformer aux mêmes exigences ».
Commencer par des gestes simples et pratiques
Aujourd’hui, il est urgent de promouvoir un style de vie responsable, fondé sur le triptyque suivant:
- Réduire la quantité de produits qui arrivent en fin de vie ;
- Réutiliser des produits ou certaines de leurs parts qui deviendraient autrement des déchets ;
- Recycler les matières premières.
Cette stratégie constitue une des bases de la démarche « zéro déchet ». Les produits qui arrivent en fin de vie et qui ne peuvent pas entrer dans ce schéma sont considérés comme des « déchets ultimes » : ils ne peuvent qu'être stockés, éventuellement en attendant de trouver un moyen de les faire retourner dans le circuit.
La pratique du recyclage des déchets comme option
Le recyclage est devenu un enjeu majeur dans nos sociétés, car cela permet d’éviter les émissions de gaz à effet de serre dues à l’extraction de nouvelles ressources naturelles. De plus, le recyclage remet le processus de l’économie circulaire en marche. Recycler les ordures préserve l’environnement, raison pour laquelle le tri sélectif doit désormais faire partie de notre quotidien. En effet, le tri constitue un enjeu économique important, car il permet de réduire au maximum l’insalubrité et la détérioration des sols.

Cette pratique de recyclage offre la possibilité aux jeunes d’avoir une activité génératrice de revenus, à travers la fabrication et la commercialisation des objets à base de plastique. Ces jeunes donnent ainsi de cette façon une seconde vie à ces déchets. Recycler permet la réduction du volume de déchets et donc de leur pollution (Soit 10% des 600 000 de tonnes d'ordures produites selon les statistiques de 2018 publiées par le ministère de l'environnement), ce qui favorise la préservation des ressources naturelles. En outre, le recyclage constitue le moyen le plus sain de protection de l'environnement (insalubrité, asphyxie des sols), et de préservation de la santé des populations et des animaux, à travers la réintroduction de nouveaux matériaux à des fins d’usage quotidienne. La préservation de l’environnement est donc l'essence même du recyclage en plus d'être l’axe central de l’économie circulaire.
Des efforts certes louables mais insuffisants
Certaines entreprises et organisations de la société civile s’activent dans la préservation de l’environnement, à travers la mise en place d’activités de collecte, de traitement et de recyclage des ordures plastiques. Cette mesure s’inscrit dans les dispositions de la loi 96, en son article 43 indiquant que : «Toute personne qui produit ou détient des déchets doit en assurer elle-même l’élimination ou le recyclage, ou les faire éliminer ou recycler auprès des installations agréées par l’Administration chargée des établissements classés après avis obligatoire de l’Administration chargée de l’environnement. Elle est, en outre, tenue d’assurer l’information du public sur les effets sur l’environnement et la santé publique des opérations de production, de détention, d’élimination ou de recyclage des déchets, sous réserve des règles de confidentialité, ainsi que sur les mesures destinées à en prévenir ou à en compenser les effets préjudiciables ». Dans cette optique, on recense la Société anonyme des Brasseries du Cameroun (SABC) qui a signé un partenariat de recyclage des bouteilles avec l’entreprise Namé recycling. En 2020, elle a collecté et recyclé 100 000 000 de bouteilles plastiques, provenant de l’activité industrielle de ses usines au Cameroun. Par ailleurs, cette collaboration ambitionne mettre sur pied des activités génératrices de revenus à partir du recyclage auprès des populations locales./.