Accaparement de terres: Aider les chefs traditionnels à mieux comprendre !
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07 Janvier 2021 Auteur 
 
 
Le 28 octobre dernier, Foi et Justice a convié quelques chefs traditionnels de 2ème degré du Canton Ntoumou Nord (Ambam) à un atelier de restitution de l’étude de base sur l’état des lieux des sites impactés par l’activité du projet PAC (Plants et Aquaculture du Cameroun). Il s’agissait de porter à la connaissance de ces leaders de communauté les résultats obtenues à la suite d’une enquête, ceci pour les aider à mieux comprendre le contexte et les enjeux de cette concession foncière de près de 21 000 ha.…
 

Pour rappel, les populations d’Ambam et ses environs se plaignent de l’occupation illicites de leurs terres par l’entreprise PAC. Pour avoir les arguments factuels pour défendre les populations impactées, Foi et Justice a mené une enquête afin d’obtenir des éléments pertinents pour nourrir son plaidoyer en faveur desdites populations. Au terme de ladite enquête, les résultats ont été présentés aux principales victimes.


Comprendre le contexte de l’installation de PAC

Pour l’Etat, les projets agroindustriels sont importants, raison pour laquelle il prône leur développement afin de soutenir la croissance et la création des emplois (DSCE, p. 16,17, 117). Seulement, on peut reprocher à l’Etat de ne pas avoir un regard approfondi sur les risques liés à certains projets ou même sur les entreprises censées les implémenter. L’étude menée dans sur le projet PAC a permis de savoir que l’installation du projet PAC à Ambam a été facilité par l’appui de certaines élites locales. Cette stratégie a permis, selon les dires d’un responsable du projet, l’accélération des procédures grâce à la contribution des élites de la localité qui ont « bousculé dans les ministères » pour l’obtention des accords nécessaires. Ce qui a permis par exemple d’obtenir l’émission d’une déclaration d’utilité publique sur les terres sollicitées en 02 mois seulement là où la procédure normale aurait demandé d’attendre 03 ou 04 années.


Saisir les enjeux et les problèmes liés à l’implantation de PAC
Le projet PAC cristallise des tensions à Ambam et fait l’objet d’une opposition de la part des populations, des chefs et de nombreuses élites locales. L’ampleur du projet fait craindre un vaste mouvement de déplacement de population du fait des expropriations. Les communautés concernées n’ont pas été informées et consultés préalablement au classement des terres dans le domaine privé de l’Etat et à l’arrivée du projet ; les populations affectées ne font pas l’objet d’une démarche d’indemnisation ; trois années après son lancement, l’étude d’impact environnemental et social (EIES) du projet n’est toujours pas finalisé. En plus de cela, les pratiques du projet ont suscité des craintes parmi les populations. Notamment du fait de l’incertitude sur l’identité du promoteur du projet, recours à l’intimidation des opposants au projet, des menaces sur les usagers de la forêt par les travailleurs du projet, ou encore l’intensification des conflits intracommunautaires antérieurs au projet, pour ne citer que cela.


Formuler des attentes pour le changement
A la fin de la restitution, les chefs traditionnels présents ont formulé des souhaits, notamment : le retrait immédiat du titre foncier N° 579/Vallée du Ntem ; la Suspension de la procédure de concession de la réserve foncière à la société PAC ; la reconnaissance et la protection des droits coutumiers ; l’arrêt des cessions de terres à grande échelle. Ce sont ces principales attentes qui serviront de base au plaidoyer pour la restauration de leurs droits./.

 

 

 

 

 

 *Cet article est rédigé dans le cadre du projet de sauvegarde des droits fonciers des populations riveraines de la vallée du Ntem, financé par l'Union Européenne. Son contenu relève de la seule responsabilité de l'association Foi & Justice et ne reflète pas nécessairement les opinions de l'Union Européenne.
 

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